INTRODUCTION
2EME EDITION DU LIVRE SUR L’OBJECTIVATION CUTANEE
Dirigée par Anne Pensé-Lhéritier
2025.04
Anne Charpentier
Founder & CEO Skinobs
Comment savoir si une crème raffermissante tient réellement ses promesses ? Si un mascara apporte du volume aux cils et si un fond de teint améliore l’homogénéité du teint ? Ou encore, si un ingrédient agit réellement sur les mécanismes du vieillissement de la peau ? À l’heure où la démonstration scientifique et la performance sont devenues des exigences incontournables dans l’univers cosmétique, l’évaluation scientifique des produits n’a jamais été aussi essentielle.
C’est de cette exigence que naît la 2ème édition de cet ouvrage dédié à l’évaluation clinique des produits cosmétiques, actifs ou produits finis. Il répond à la nécessité de suivre les avancées de ce secteur et de comprendre les détails des méthodes disponibles pour développer des produits efficaces. L’objectivation clinique à la croisée de disciplines passionnantes comme la biologie, la dermatologie, les neurosciences, l’optique ou l’IA…, mobilise des expertises technologiques nombreuses et variées. Evaluer in-vivo les propriétés d’un actif ou d’un produit cosmétique, de soin ou de maquillage, c’est analyser des effets immédiats ou à plus long terme, comprendre les soins de la peau et des annexes cutanées dans toute leur dimension dynamique, holistique et systémique. C’est aussi, intégrer l’environnement des consommateurs et prendre en compte leur précieuse routine beauté. À l’heure des évolutions sans communes mesures de l’IA et des technologies digitales, il est plus que jamais nécessaire de rendre la science de l’évaluation clinique, du scorage et de la biométrologie, des tests consommateurs ou de l’analyse sensorielle, intelligibles et accessibles à tous les professionnels du monde de la Beauté.
Les marques cosmétiques disposent de nombreuses solutions pour étayer scientifiquement les effets des produits qu’elles développent par des mesures cliniques, biométrologiques ou de scorages. La réalisation des études in-vivo d’efficacité s’aligne avec les réglementations des différentes régions du monde et en particulier avec celles qui régissent les cosmétiques européens adhérant aux lignes directrices communes du Dossier d’Information Produit (D.I.P.). Pour soutenir les allégations produit, le respect de six critères communs est essentiel -conformité légale, véracité, soutien par des preuves, honnêteté et sécurité, équité et impartialité, prise de décision éclairée- bien que des normes spécifiques existent pour l’analyse sensorielle et l’indice de protection solaire (cf. ISO). Les lignes directrices telles que celles de l’EEMCO et des Bonnes Pratiques Cliniques fournissent des cadres pour les tests sur l’homme, garantissant la protection des consommateurs contre les allégations trompeuses et préservant la crédibilité de l’industrie.
Le marché mondial de la beauté stimule l’innovation des tests d’efficacité
La vague coréenne (Hallyu) a propulsé la K-Beauty sur la scène mondiale, redéfinissant les standards esthétiques par une subtile synergie entre l’innovation scientifique et les savoir-faire traditionnels en matière de soins cutanés. En Corée du Sud, la beauté transcende la simple apparence pour incarner une approche holistique du bien-être. Des tendances telles que la « glass skin », peau translucide à l’éclat irréprochable, ou la routine en sept étapes illustrent l’impact considérable de la K-Beauty sur les pratiques cosmétiques mondiales. La science cosmétique coréenne conjugue technologies de pointe – micro-encapsulation, microneedling, fermentation- et actifs traditionnels pour accroître l’efficacité et la sécurité des soins. La recherche et développement constitue le socle fondamental du secteur, les marques collaborant étroitement avec dermatologues et chercheurs pour justifier scientifiquement les allégations par des protocoles d’évaluation rigoureux. Cette démarche fondée sur des preuves objectivables garantit des formulations d’excellence, consolidant la confiance des consommateurs et affirmant la suprématie technologique du pays dans ce domaine avec plus de 50 CROs au service de l’évaluation. Par sa rigueur scientifique et son dynamisme innovant, la K-Beauty continue d’imposer de nouveaux standards à l’échelle internationale.
Par ailleurs ; l’influence de la culture nord-américaine sur les tendances globales en matière de beauté et de soins est considérable, portée par les industries de la mode, de la musique et des réseaux sociaux. Aux États-Unis, l’esthétique est étroitement liée à la quête d’estime de soi et à l’expression individuelle. L’inclusivité, la diversité des types de peau, ainsi qu’une adaptation fine aux besoins spécifiques des consommateurs sont désormais des piliers de l’industrie. La cosmétique américaine bridée par une limitation des revendications possibles valorise tout de même l’efficacité, la multifonctionnalité et la praticité, à travers des routines épurées et efficaces centrées sur le nettoyage, l’hydratation et la photoprotection. Le minimalisme esthétique, tel que le maquillage à effet « no-make-up », illustre cette recherche d’authenticité. On note que les marques américaines se distinguent par leur excellence en marketing digital, mobilisant les plateformes sociales pour façonner les préférences des jeunes générations. L’évaluation des produits s’inscrit désormais dans le cadre du nouveau règlement MoCRA (2022), avec une prédominance des tests consommateurs, appuyés par des photographies avant/après et des témoignages. Ces études sont menées dans des conditions d’usage réalistes, en cohérence avec les habitudes des consommateurs, et associées aux des tests de tolérance supervisés par des dermatologues.
Ces dernières années, le marché européen a vu croître l’intérêt pour la clean beauty. L’exigence croissante de naturalité, de traçabilité et de respect éthique – notamment via des produits certifiés biologiques, « cruelty-free » et écoresponsables – reflète une prise de conscience sociétale profonde. Cette démarche éthique s’accompagne d’une intégration croissante de pratiques de bien-être dans les routines quotidiennes dans une approche holistique. Se rapprochant des USA, la tendance au skinimalisme – une esthétique qui valorise la peau dans sa naturalité – prône une réduction raisonnée des produits, au bénéfice de formules concentrées à l’efficacité démontrée. Les marques européennes s’appuient fortement sur les essais cliniques, associant mesures biométrologiques classiques et technologies avancées pour quantifier avec précision les effets sur la peau, le cuir chevelu ou les cheveux. Les études de perception restent centrales pour appréhender l’acceptabilité des produits. Les laboratoires de tests européens, à la pointe de l’innovation, mobilisent l’intelligence artificielle et l’imagerie pour perfectionner les méthodologies d’évaluation et garantir une excellence scientifique continue.
L’industrie sud-américaine de la beauté quant à elle, et plus particulièrement celle du Brésil, connaît une mutation vers des formulations naturelles et performantes. Les routines privilégient des produits multifonctionnels et allégés, avec une attention particulière portée à la photoprotection et aux soins réparateurs post-solaires. Le phénomène de skinification – transposition des actifs de soin de la peau dans les produits capillaires – illustre l’essor spectaculaire du segment capillaire au Brésil. Les formulations aux textures particulières pour résister à la chaleur et à l’humidité ambiantes visent l’hydratation, la protection thermique et le coiffage, et s’orientent vers l’inclusivité à travers des produits personnalisés et non genrés. Les investissements massifs dans la R&D, portés par des marques locales et internationales, sont soutenus par des laboratoires régionaux peu nombreux dotés d’un savoir-faire éprouvé en matière de tests in-vivo. La richesse exceptionnelle des types de cheveux brésiliens constitue un terrain d’expérimentation unique pour l’évaluation de l’efficacité cosmétique sur un panel exigeant et diversifié.
Influence des évolutions sociétales sur l’industrie des tests cliniques
L’industrie cosmétique connaît une mutation profonde, catalysée par les avancées scientifiques et l’évolution des attentes sociétales. La convergence de la clean beauty, des soins axés sur la longévité cutanée, de la prise en charge des peaux ménopausées, de la chirurgie esthétique, de la personnalisation thérapeutique et de la recherche sur le microbiome témoigne d’une transition vers des formulations performantes, éthiquement responsables et fondées sur des preuves scientifiques. Dans un contexte où les technologies de pointe s’intègrent aux pratiques durables, le secteur s’oriente vers une cosmétique d’avant-garde, à la fois efficace, sûre et en phase avec les enjeux futurs de l’innovation dermocosmétique.
Longévité et bien-être
L’attention croissante portée aux facteurs environnementaux, tels que la pollution et l’exposome, incite au développement de nouveaux protocoles d’évaluation cutanée. Les allégations antioxydantes classiques cèdent progressivement la place à des études basées sur des biomarqueurs avancés, révélant une mutation du soin esthétique vers une approche intégrative centrée sur la santé cutanée à long terme. Les revendications « régénérant », « raffermissant » ou « réparateur » s’imposent avec force, prolongeant la demande constante en produits « anti-âge ». Cette évolution accompagne la montée du concept de « well-aging », valorisant le maintien de l’intégrité cutanée, l’éclat naturel et le bien-être global, plutôt que la lutte contre les signes visibles du vieillissement. Le consommateur adopte ainsi une vision plus équilibrée, durable et scientifiquement éclairée de l’âge et de ses manifestations.
« Clean beauty » et responsabilité environnementale
La montée en puissance de la clean beauty impose une évaluation approfondie des formulations afin d’en garantir l’innocuité environnementale. L’analyse quantitative des microplastiques et des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAs), fréquemment présentes dans les produits résistants à l’eau et à la transpiration, constitue désormais un axe majeur des évaluations de sécurité. Parallèlement, les laboratoires de tests développent des protocoles spécifiques visant à mesurer la toxicité des filtres solaires sur les écosystèmes marins, donnant lieu à un score d’écoresponsabilité qui oriente les reformulations et valide les allégations environnementales. Ce mouvement traduit une exigence croissante de transparence et de durabilité, en cohérence avec les cadres réglementaires émergents et la sensibilité accrue des consommateurs.
Equilibres hormonaux et peaux
La formulation de soins spécifiquement dédiés aux femmes ménopausées traduit une reconnaissance croissante de leurs besoins dermatologiques et physiologiques singuliers. Ce changement reflète une mutation sociétale majeure, où la ménopause, jadis taboue, devient un enjeu stratégique pour les marques. La baisse des œstrogènes engendre des altérations cutanées significatives : perte de densité et d’élasticité, sécheresse accrue, ralentissement du renouvellement cellulaire, réduction de la synthèse de collagène et d’acide hyaluronique. En réponse, les soins visent à restaurer l’hydratation, atténuer l’inflammation et neutraliser le stress oxydatif pour renforcer la barrière cutanée. Une approche holistique émerge, associant topiques et nutricosmétiques pour une prise en charge intégrative du bien-être et de l’esthétique. Ce dialogue entre soins internes et externes souligne l’engagement du secteur envers des solutions globales, scientifiquement fondées et respectueuses des réalités physiologiques féminines.
Médicalisation des soins de la peau
L’exigence croissante de résultats scientifiquement validés rapproche l’univers cosmétique de celui de l’esthétique médicale. L’essor des procédures non invasives -injections de toxine botulique, fillers dermiques, lasers, radiofréquence, ultrasons focalisés- influence directement la formulation de produits dermocosmétiques. De nouveaux protocoles de préparation cutanée pré-interventionnelle et de récupération post-acte voient le jour, intégrant des actifs régénérants, apaisants et réparateurs… Les produits de soin à visée dermatologique sont désormais soumis à des évaluations rigoureuses in-vitro, ex-vivo et cliniques, alignant les standards de développement sur ceux de l’industrie pharmaceutique. Cette médicalisation s’accompagne d’une exigence accrue de transparence et de rigueur dans la communication des bénéfices objectivés.
Personnalisation, diagnostics et recommandations
L’intégration de l’intelligence artificielle et des technologies de diagnostic de la peau -imagerie 3D, spectroscopie, analyses biométriques -inaugure une ère de soins hautement personnalisés. Inspirées par la dermatologie de précision, les gammes de produits exploitent le profilage du microbiome, le séquençage génétique et les diagnostics fondés sur l’ADN pour élaborer des protocoles de traitement individualisés. Cette approche de personalisation permet d’adapter les formulations aux spécificités cutanées de chaque individu, optimisant ainsi les résultats et renforçant la légitimité scientifique des soins proposés.
Microbiome et respect de la peau
Le microbiome cutané, objet d’un intérêt scientifique croissant, s’impose comme un facteur clé de l’homéostasie cutanée. Le terme microbiote désigne l’ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, champignons, protozoaires) présents à la surface de la peau, tandis que le microbiome inclut également leur patrimoine génétique et leurs interactions biochimiques avec l’hôte. Cette vision élargie met en lumière le rôle fonctionnel du microbiome dans la modulation immunitaire, la protection contre les pathogènes et l’équilibre dermatologique.
Les avancées en métagénomique orientent désormais le développement de soins dédiés à la préservation ou à la restauration de cet écosystème : prébiotiques, probiotiques et postbiotiques sont intégrés dans les formulations pour renforcer la résilience cutanée. Cette approche biologique de la cosmétique marque une étape décisive dans la compréhension des mécanismes profonds de la santé de la peau.
Les nouvelles technologies soutiennent l’innovation dans les méthodes d’évaluation
Les innovations dans le domaine des tests cosmétiques contribuent à une plus grande crédibilité scientifique, garantissant que les allégations cosmétiques sont étayées par des preuves objectives et quantifiables. À mesure que l’évaluation basée sur les biomarqueurs continue d’évoluer, elle façonne une nouvelle ère de soins cutanés, où les formulations ne sont pas seulement adaptées aux besoins des consommateurs, mais également validées scientifiquement pour une efficacité et une sécurité accrue. Le scénario idéal se réalise lorsque les impératifs culturels convergent avec les avancées technologiques, permettant des progrès significatifs bénéfiques aux consommateurs.
L’approche peau-cerveau : Une révolution scientifique et sensorielle
Aujourd’hui, la peau est reconnue comme une interface neurosensorielle, intégrant des stratégies scientifiquement validées pour optimiser à la fois le bien-être et l’efficacité cosmétique. La connexion bidirectionnelle entre le système nerveux cutané et le cerveau met en lumière l’influence des stimuli sensoriels sur les réponses biologiques et émotionnelles de la peau. Les neurocosmétiques ciblent spécifiquement les récepteurs cutanés impliqués dans la perception sensorielle en modulant des médiateurs neurochimiques clés tels que la dopamine, l’ocytocine et les endorphines. Cette régulation contribue au bien-être émotionnel en réduisant le stress oxydatif et l’inflammation induits par des facteurs environnementaux et psychologiques. Cette approche est désormais pleinement intégrée dans la formulation et l’évaluation des actifs et des formulations cosmétiques, exploitant les avancées en neurosciences, biotechnologie et intelligence artificielle. L’efficacité des neurocosmétiques est évaluée à travers une combinaison de mesures physiologiques (fréquence cardiaque, conductance cutanée, EEG), psychologiques (perception implicite, questionnaires, réponse émotionnelle) et comportementales (expressions faciales et gestuelles). Ces analyses multicritères complexes permettent une évaluation complète de l’impact d’un produit sur la perception et l’expérience subjective.
Études holistiques, émotions et neurosensoriel
L’importance de la revendication de « bien-être » est en augmentation, confirmant un glissement vers une approche plus holistique des soins de la peau, axée sur le bien-être global plutôt que sur la simple lutte contre les signes visibles du vieillissement cutané. La demande pour des routines de beauté agissant de manière holistique stimule le développement de nouveaux tests basés sur des approches neuroscientifiques. Une tendance forte émerge vers la mesure des émotions à l’aide des méthodes d’analyses neurosensorielles.
Optiques, biomarqueurs et analyses omiques
Aujourd’hui l’analyse des biomarqueurs cutanés par échantillonnage révolutionnent la cosmétologie et apporte une compréhension approfondie de la physiologie cutanée et de l’efficacité des produits à l’échelle moléculaire. Les études multi-omiques qu’il s’agisse de génomique, transcriptomique, protéomique ou de métabolomique offrent la possibilité d’un profilage complet des conditions cutanées, facilitant l’identification de signatures moléculaires. Les innovations récentes dans les techniques optiques utilisant des sondes non-invasives telles que la LC-OCT, la spectroscopie Raman, la microscopie électronique ou confocale, renforcent l’évaluation des performances des soins cutanés ciblés avec une précision inégalée.
Le diagnostic cutané à domicile
Ces dispositifs intelligents utilisent l’intelligence artificielle (IA), l’imagerie optique, la spectroscopie et des biocapteurs, et assurent à la maison une évaluation des paramètres cutanés de plus en plus précise et fiable. Depuis quelques années, l’essor des technologies de diagnostic cutané à domicile transforme les tests cliniques en permettant des analyses en temps réel, d’une précision élevée, sur un échantillon de sujets significativement plus large que les études biométrologiques traditionnelles réalisées en laboratoire. Des dispositifs tels que les miroirs intelligents, les sondes compatibles avec les smartphones et les dermascopes portables autorisent des diagnostics instantanés, tandis que les applications intégrées peuvent fournir des recommandations personnalisées.
L’IA et les capteurs
Les scanners 3D haute résolution, l’imagerie multispectrale et la spectroscopie de lumière polarisée permettent la quantification et la visualisation de paramètres physiologiques clés tels que l’hydratation, la pigmentation, la profondeur des rides, les niveaux de sébum et la santé du cuir chevelu. De plus, les patchs intelligents et les capteurs microfluidiques évaluent l’intégrité de la barrière cutanée en détectant les variations physiologiques avant et après l’application du produit. Les algorithmes d’apprentissage automatique, utilisant de vastes ensembles de données, améliorent l’automatisation et l’évolutivité des analyses, élargissant considérablement la portée et la précision des évaluations. L’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus intégrée dans le traitement des données grâce aux technologies de quantification et de visualisation. Les fabricants d’instrumentation utilisent la capacité de l’IA à améliorer le traitement des données et créent des surfaces ou des visages moyens grâce à des calculs algorithmiques. Certains mettent à jour continuellement les logiciels d’analyse des données améliorant les performances de l’acquisition de données sur les volontaires. D’autres proposent le calcul d’indicateurs cutanés, d’index compilant les résultats et facilitant les diagnostics sur le visage entier ou sur une zone spécifique comme les cils, les ongles, le cuir chevelu. L’image 3D prend le pas progressivement sur l’image 2D, et les mouvements du visage peuvent être étudiés en mode vidéo à l’aide de caméras à haute vitesse et d’une analyse cinématique.
Nouvelle norme ISO pour l’évaluation in-vivo de la protection solaire
L’évaluation du Facteur de Protection Solaire (SPF) a considérablement progressé avec l’introduction de méthodes alternatives aux tests in-vivo, garantissant une sécurité, une efficacité et une conformité réglementaire accrues. Jusqu’en décembre 2024, l’évaluation du SPF reposait sur des essais in-vivo basés sur l’érythème, soulevant des préoccupations éthiques et méthodologiques. En réponse, l’ISO a standardisé deux méthodologies : la Méthode des Plaques Doubles (DPM – ISO 2375) et la Spectroscopie de Réflectance Diffuse Hybride (HDRS – ISO 23698). La DPM offre une approche entièrement in-vitro, alors que la nouvelle méthode HDRS intègre des évaluations in-vivo et in-vitro par spectroscopie de réflectance diffuse (DRS), quantifiant l’absorbance UVA (320-400 nm) sur la peau humaine avec et sans application de crème solaire. En hybridant mathématiquement l’absorbance UVB in-vitro avec les données UVA in-vivo, la méthode HDRS fournit un profil de protection UV complet et standardisé.
En conclusion, les diverses mesures biométrologiques high-tech offrent l’opportunité de connecter la technologie digitale et la personnalisation, du magasin à la salle de bain de chaque consommateur. La connexion entre l’objectivation et le process d’achat digital pourrait rapprocher les cosméticiens de la réalité du marketing. L’imagerie de la peau, du centimètre à l’échelle nanométrique, devient capitale pour des produits faisant la preuve de leur efficacité. La mesure des éléments qui composent la peau -eau, lipides, jonction dermo-épidermique, matrice extracellulaire, fibres…- est essentielle. Que ce soit pour les revendications liées au vieillissement, à l’éclat du teint, aux propriétés biomécaniques ou à l’hydratation, les différentes techniques sont en quête d’une résolution toujours plus élevée, une plus grande surface de mesure, des méthodes non invasives, instantanée, sans contact et directes. Les algorithmes aidés de l’IA et les statistiques constituent la principale contribution future au succès de ces nouvelles technologies. La combinaison de mesures biométrologiques classiques avec des dispositifs plus high-tech et l’étude de biomarqueurs spécifiques peut offrir une meilleure compréhension de la structure cutanée et de ses fonctions. Cela accroît la précision des mesures et ouvre de nouvelles perspectives dans la preuve des revendications cosmétiques tout en considérant la diversité ethnique. L’ère des dispositifs connectés pour le diagnostic à domicile, des prélèvements de peau, ou de l’analyse de l’ADN, semble prometteuse pour l’évaluation des soins de la peau sans oublier la nécessité de la mesure du ressenti des consommateurs grâce à des questionnaires d’auto-évaluation pertinents et perspicaces. Quelle que soit l’échelle de l’étude, les techniques biométrologiques privilégient l’acquisition précise des données, le repositionnement optimal, la haute résolution, le temps de capture rapide et les systèmes de rotation automatisés pour garantir la précision. Il est crucial pour les investigateurs de collaborer étroitement avec les Organisations de Recherche sous Contrat (CRO) afin de concevoir méticuleusement les protocoles, définir les critères d’inclusion des volontaires, établir les temps de mesure, les conditions de traitement et sélectionner les dispositifs de mesure pertinents. Investir du temps dans la préparation de ces éléments essentiels n’est jamais vain ; cela garantit l’intégrité et la fiabilité des résultats de l’étude.
Cet ouvrage constitue une synthèse développée par des experts du domaine, des pratiques actuelles d’évaluation dans le champ cosmétique, en mettant en exergue l’objectivation scientifique des allégations produits. Il débute par une analyse approfondie des cadres réglementaires et des mécanismes de validation des promesses cosmétiques. Il expose ensuite les bonnes pratiques cliniques, garantes de la robustesse méthodologique, de la reproductibilité et de la validité scientifique des résultats. L’exploration se poursuit par l’étude des protocoles de mesure des effets hydratants, anti-âge, amincissants et éclaircissants, s’appuyant sur des technologies instrumentales de pointe et des approches scientifique rigoureuses. L’évaluation des produits de maquillage, solaires, déodorants, antitranspirants et capillaires est examinée sous l’angle de la performance, de la tolérance et de la satisfaction sensorielle. Une attention particulière est accordée au microbiote cutané, à la dimension sensorielle et émotionnelle des cosmétiques, ainsi qu’aux tests d’usage, essentiels pour appréhender l’expérience utilisateur en conditions réelles. Par son approche transversale et scientifique et en phase avec les exigences réglementaires et sociétales actuelles, cet ouvrage s’impose comme un outil de référence pour les professionnels. Par la richesse de son contenu et la rigueur de son approche, cet ouvrage constitue une référence incontournable pour les professionnels du secteur cosmétique, en leur offrant des outils méthodologiques précis et actualisés pour conduire une évaluation complète, objective et conforme aux exigences scientifiques contemporaines.
Au-delà de ce qui nous occupe aujourd’hui, l’objectivation in vivo, il peut être intéressant de faire un pas de côté et de parler en quelques mots des essais in-vitro comme piliers et parallèles d’évaluation menés en complémentarité des tests sur l’homme. En effet, en réponse aux tendances de la beauté, les solutions de tests précliniques ont beaucoup évolué depuis 5 ans pour inclure une gamme variée de tests in-silico, in-tubo, in-vitro et ex-vivo. Ces tests évaluent divers aspects comme la sécurité, la stabilité, l’écotoxicité, la biodégradabilité, la microbiologie, les interactions contenant-contenu, la protection UV et l’efficacité globale. Pour l’évaluation de l’efficacité, cette évolution est portée par une compréhension approfondie de la biologie cutanée et la découverte continue de nouveaux biomarqueurs, ainsi que par les innovations dans les méthodologies de dosage et d’analyse. L’objectivation de l’efficacité préclinique est réalisée non seulement sur des cellules (en boîte de pétri), des organoïdes (cellules en 3D) mais aussi sur des modèles de peau 3D parfois bio-imprimés et des systèmes organes-sur-puce, intégrant des systèmes microfluidiques pour imiter de mieux en mieux la peau vivante avec une complexité accrue, incluant mélanocytes, neurones, capillaires, glandes sébacées et cheveux. Cette évolution technologique permet une représentation plus précise des réactions cutanées, améliorant non seulement la précision des tests, mais aussi leur variété, car ces modèles améliorés fournissent des données plus complètes et fiables comme préambule des études cliniques.
En approfondissant leur connaissance du domaine de l’évaluation clinique en cosmétique, les responsables jouent un rôle central dans l’avancement des connaissances scientifiques, la valorisation de l’innovation dans le cadre des lancements de nouveaux produits sur le marché. Cette expertise favorise la conception de produits à la fois sûrs, performants et scientifiquement validés, en réponse aux défis d’un marché en constante évolution. Par la lecture de cet ouvrage, chaque acteur de l’industrie de la beauté pourra participer activement à la diffusion de l’excellence scientifique, assurant le lien entre recherche et industrie au service d’une évaluation cosmétique à la fois novatrice, fiable et rigoureusement documentée.
Lorsque les exigences sociétales et culturelles d’un marché comme celui de l’évaluation clinique des produits de Beauté et de ses ingrédients s’harmonisent avec les progrès scientifiques et technologiques, cela produit une émulation et des avancées substantielles profitables aux consommateurs et aux acteurs de l’industrie. Cette dynamique a façonné le domaine des tests en cosmétique depuis ses débuts, la positionnant comme un secteur d’innovation à la fois stimulant et captivant.
Que toutes les personnes et institutions qui ont contribué à la réalisation de ce livre soient chaleureusement et sincèrement remerciées. Leur expertise et leur soutien ont été inestimables pour garantir la rigueur scientifique de cet ouvrage.
Anne Charpentier – Founder & CEO Skinobs
acharpentier@skinobs.com





