Évaluation toxicologique, microbiologie, réglementation : dans un secteur soumis à des exigences croissantes, la sécurité ne s’improvise pas. Corinne Benoliel, fondatrice d’Institut Scientis, décrypte les évolutions du cadre européen.
Depuis l’entrée en application du règlement européen, la sécurité est devenue le pilier central de la mise sur le marché. Chaque substance doit être étudiée avec précision, ce qui suppose une connaissance scientifique globale et a profondément professionnalisé le secteur.
Pour Corinne Benoliel, la conformité ne peut plus être traitée comme une étape finale. Dès la conception d’une formule, une pré-expertise toxicologique permet de vérifier que les substances envisagées sont autorisées sur les marchés visés. Cette anticipation évite les sanctions et les reformulations tardives, souvent coûteuses.
Elle rappelle le rôle stratégique de la Personne Responsable, qui engage sa responsabilité juridique sur l’ensemble du produit, et le caractère incontournable des essais microbiologiques et des études de stabilité.
Sur les ingrédients controversés, elle revient à un principe fondamental de la toxicologie, souvent absent des débats médiatiques : le danger ne devient un risque qu’en fonction de l’exposition. Quant à l’intelligence artificielle, elle y voit un outil utile, mais pas un substitut à l’expertise humaine.