Skinobs fête ses 10 ans : une décennie au service du progrès dans le domaine des tests cosmétiques via Eurocosmetics

Skinobs s’est imposée comme une plateforme internationale dédiée aux tests cosmétiques, mettant en relation marques, laboratoires et experts en évaluation préclinique et clinique.

À l’occasion du 10ᵉ anniversaire de l’entreprise, nous avons rencontré Anne Charpentier pour évoquer cette étape importante, le développement de la société et l’évolution du rôle des tests cosmétiques.

« Skinobs est avant tout une plateforme créée pour partager des solutions d’évaluation avec le plus grand nombre »

Anne Charpentier, PDG et fondatrice de Skinobs

EURO COSMETICS : Tout d’abord, félicitations pour ce 10ᵉ anniversaire et pour avoir franchi cette étape importante. Avec le recul, qu’est-ce qui vous a inspiré à fonder Skinobs, et quel manque du marché souhaitiez-vous combler à l’origine ?

Anne Charpentier : L’idée de Skinobs est née d’une frustration très concrète. Une amie proche, qui travaillait dans l’industrie de la beauté aux États-Unis, cherchait un laboratoire en Asie du Sud-Est pour mener une étude innovante sur l’anti-âge. Il lui a fallu près de huit jours pour identifier le bon partenaire : huit jours d’e-mails épars, d’annuaires incomplets et d’impasses. J’ai été frappée par l’absurdité de la situation : voilà un secteur fondé sur une science rigoureuse, et pourtant trouver le bon partenaire pour les tests restait un processus entièrement manuel, opaque et inefficace. J’ai immédiatement compris qu’il devait exister une meilleure façon de faire. Ce manque, une information fiable, structurée et accessible sur les tests cosmétiques, est devenu le fondement de Skinobs.

EURO COSMETICS : L’idée de Skinobs est née d’un défi très concret : la difficulté à identifier efficacement le bon laboratoire et la bonne méthode de test. Comment cette expérience a-t-elle façonné votre concept initial pour Skinobs, et quelles ont été les premières étapes pour transformer cette idée en plateforme ?

Anne Charpentier : Dès le départ, je voulais que Skinobs soit véritablement neutre et indépendante, non pas une place de marché animée par des intérêts commerciaux, mais une référence de confiance. Le principe fondateur était simple : permettre aux scientifiques chargés de l’évaluation, au sein des marques et chez les fabricants d’ingrédients, de trouver le bon test, auprès du bon laboratoire, pour la bonne allégation, rapidement et en toute confiance.

Les premières années ont été largement consacrées à la construction de la base de données : recenser les laboratoires, comprendre le panorama des méthodologies et structurer l’information de manière réellement utile. Nous avons lancé la plateforme en avril 2016 à l’occasion d’in-cosmetics Global à Paris, et l’accueil reçu a confirmé que nous avions identifié un vrai besoin. Le secteur cosmétique n’avait jamais disposé d’un point d’accès unique et structuré à l’expertise en tests précliniques et cliniques à l’échelle mondiale.

EURO COSMETICS : Depuis le lancement de la plateforme en 2016, Skinobs est devenue une base de données réunissant 9 000 experts, 500 laboratoires et plus de 800 méthodes et technologies. Quels sont, selon vous, les accomplissements les plus importants de l’entreprise à ce jour ?

Anne Charpentier : Plusieurs jalons se distinguent. Atteindre 9 000 utilisateurs experts enregistrés dans plus de 124 pays est une fierté sincère, car cela témoigne de la pertinence mondiale de ce que nous avons construit. Dépasser les 500 laboratoires référencés et cataloguer plus de 1 500 méthodes et technologies représente des années de travail de curation et d’échanges collaboratifs avec les acteurs du domaine des tests à travers le monde, un travail que je crois inégalé.

Au-delà des chiffres, je suis fière de la communauté que nous avons bâtie grâce au Symposium Cosmetotest et à nos publications. Et sur le plan personnel, le fait que Skinobs soit restée indépendante, fiable et scientifiquement rigoureuse pendant dix ans, dans un secteur où la crédibilité est tout, est peut-être l’accomplissement auquel j’attache le plus de valeur.

EURO COSMETICS : Vous avez été étroitement impliquée dans le développement de Skinobs depuis ses débuts. Pourriez-vous nous parler de votre parcours professionnel et des expériences qui ont le plus fortement influencé votre chemin vers la création de l’entreprise ?

Anne Charpentier : Mon parcours est ancré dans l’industrie cosmétique. Avant de fonder Skinobs, j’ai passé de nombreuses années à travailler avec des laboratoires de tests et des fabricants d’ingrédients, acquérant une compréhension approfondie du fonctionnement concret du développement produit — des premières questions de formulation jusqu’à la justification des allégations.

Cette connaissance des tests et des attentes des commanditaires d’études m’a permis, au fil des échanges avec mon réseau et les acteurs clés du secteur, de percevoir clairement les besoins non satisfaits. Je comprenais les attentes de ceux qui évaluent les ingrédients ou les produits finis, rapidité, exhaustivité et robustesse de l’information. Je percevais également les atouts des laboratoires de tests, mais je remarquais aussi leur manque de promotion de leurs services. Skinobs est née de cette double perspective.

J’ai fondé l’entreprise en 2016, et toutes mes expériences professionnelles antérieures y ont contribué, notamment ma capacité à tisser des réseaux et ma connaissance du secteur mondial et de ses acteurs clés. Skinobs est avant tout une plateforme créée pour partager des solutions d’évaluation avec le plus grand nombre.

EURO COSMETICS : 2026 marque une nouvelle étape pour Skinobs, avec le lancement de « My Laboratory Space » et le déploiement continu du modèle freemium. Quels sont les principaux objectifs de cette nouvelle phase, et comment ces développements renforceront-ils la valeur que Skinobs apporte aux laboratoires, partenaires et marques ?

Anne Charpentier : « My Lab Space » représente une avancée majeure dans notre collaboration avec les laboratoires du monde entier. Jusqu’à présent, la collecte des données et la gestion des profils reposaient largement sur des échanges manuels, e-mails, tableurs et allers-retours fastidieux.

Cette nouvelle interface donne aux laboratoires un contrôle direct sur leur espace au sein de Skinobs : ils peuvent mettre à jour leurs services de tests, gérer leurs contenus mis en avant et interagir de manière plus active avec la plateforme. Pour nous, cela se traduit par des données plus fiables et des mises à jour en temps réel. Pour les laboratoires, cela signifie davantage d’autonomie et une visibilité accrue.

Conjuguée au développement continu de notre modèle freemium, dont l’objectif est d’ouvrir Skinobs plus largement aux utilisateurs, aux marques et aux formulateurs —, l’année 2026 sera véritablement dédiée à la consolidation de l’infrastructure de la base de données, pour la rendre plus fluide et accessible à tous.

EURO COSMETICS : En mars, vous avez accueilli l’édition 2026 du Symposium Cosmetotest à Lyon et en ligne. Avec le recul, quels ont été les temps forts de ce congrès, et quels moments ou échanges vous ont particulièrement marquée ?

Anne Charpentier : Cosmetotest 2026 a été une édition particulièrement riche et réussie. Ce qui rend ce symposium international unique, c’est la qualité des échanges scientifiques autour des méthodes d’évaluation et la volonté des experts de partager non seulement leurs résultats, mais aussi leurs interrogations et les technologies émergentes.

Cette année, la combinaison des formats présentiel et en ligne nous a permis de réunir 270 participants issus de 20 pays, ce qui a considérablement enrichi les débats. Les discussions autour de l’exposome et des influences hormonales sur la peau ont été particulièrement stimulantes, car ce sont des domaines où les méthodologies de test évoluent rapidement et où le secteur manifeste un vif intérêt pour le développement d’approches innovantes.

Ce qui m’a personnellement le plus frappée, c’est le dynamisme de la communauté : cinq ans après sa création, la curiosité et l’engagement des participants et de la trentaine d’exposants restent intacts.

EURO COSMETICS : Le programme de Cosmetotest 2026 comprenait des sujets tels que les hormones, l’exposome, l’hydratation et l’axe peau-cerveau. Que nous révèlent ces thématiques sur les priorités actuelles des tests cosmétiques, et dans quelle direction voyez-vous le domaine évoluer ?

Anne Charpentier : Ces sujets témoignent d’une évolution du domaine des tests : on passe de mesures biométrologiques ou cliniques ciblées à une compréhension systémique de l’évaluation des performances des produits.

Pendant des années, les tests cosmétiques ont essentiellement visé à valider une allégation unique : ce produit hydrate-t-il ? Ce composé réduit-il les rides ? Aujourd’hui, les questions sont plus complexes. Comment la peau réagit-elle à un stress environnemental chronique ? Comment mesurer objectivement les fluctuations hormonales tout au long de la vie ? Quel est le lien entre l’efficacité perçue d’un produit et les modifications observées dans les différentes couches de la peau ?

Ces questions ne sont pas marginales ; elles sont posées par les marques et les fabricants d’ingrédients parce que les consommateurs et les autorités réglementaires exigent des allégations mieux étayées et plus objectives.

L’axe peau-cerveau, en particulier, illustre une convergence entre cosmétique et bien-être qui, à mon sens, redéfinira notre approche de la justification des allégations au cours de la prochaine décennie.

EURO COSMETICS : En regardant vers l’avenir, quelle est votre vision pour la prochaine phase de Skinobs, et quelles tendances, en matière de biomarqueurs, d’IA, de personnalisation ou de nouvelles méthodologies de test, pensez-vous auront le plus fort impact sur les tests cosmétiques dans les années à venir ?

Anne Charpentier : Ma vision pour Skinobs est d’en faire une base de données mondiale incontournable pour l’information sur les tests cosmétiques, non pas un simple annuaire, mais une plateforme dynamique et collaborative qui soutient activement la sélection des solutions de test et accélère la prise de décision.

Skinobs a vocation à mettre en lumière les méthodologies d’évaluation traditionnelles, qu’elles soient in silico, in vitro, ex vivo ou in vivo, ainsi que les technologies innovantes liées à l’IA, à l’optique et aux analyses omiques, afin de répondre scientifiquement aux allégations émergentes.

L’analyse des biomarqueurs, les technologies de mesure non invasives et les systèmes de diagnostic portables élargissent considérablement l’éventail des méthodes disponibles. La personnalisation, qui repose sur la compréhension de la peau dans un environnement donné influencé par l’âge et le mode de vie, nécessitera sans aucun doute de nouvelles approches de test.

Skinobs aspire à se trouver au cœur de cette évolution : connecter les experts, rassembler les données et partager une ressource essentielle, scientifiquement solide et bien documentée.

EURO COSMETICS : Merci beaucoup pour cet échange enrichissant et pour nous avoir partagé l’histoire et la vision de Skinobs.

Anne Charpentier est la fondatrice et PDG de Skinobs, deux plateformes uniques et mondiales dédiées respectivement aux tests cliniques & précliniques, et à un fil d’actualités et une revue de presse consacrés au domaine de l’évaluation pour les ingrédients, les soins personnels et les cosmétiques. Elle dispose de plus de 30 ans d’expérience en développement marketing dans le secteur cosmétique, d’abord dans le domaine des tests cliniques, puis dans celui des ingrédients actifs.