L’art du tatouage a traversé les millénaires. Il est passé de rituel tribal ancestral à un véritable phénomène de mode planétaire qui touche toutes les couches de la société. Aujourd’hui, on estime qu’environ 20 % de la population européenne arbore au moins un dessin indélébile sur la peau. Cependant, derrière l’esthétique et la symbolique personnelle se cache une réalité biologique complexe et parfois inquiétante. Lorsque l’aiguille pénètre le derme pour y déposer ses pigments, elle déclenche une réaction en chaîne immédiate au sein de votre organisme. Jusqu’à récemment, nous pensions que l’encre restait sagement inerte là où le tatoueur l’avait placée. Or, des recherches scientifiques récentes, notamment une étude épidémiologique d’ampleur venue de Suède ainsi que des analyses moléculaires poussées, viennent bouleverser nos certitudes. La chimie de ces encres interagit profondément avec notre immunologie. Plongée au cœur de votre peau pour comprendre ce qu’il se passe réellement lorsque l’art rencontre la biologie cellulaire.
La composition chimique méconnue des encres modernes
Avant de comprendre la réaction du corps, il est impératif de se pencher sur la substance même que nous injectons. Contrairement à une croyance populaire tenace, l’encre de tatouage n’est pas un produit cosmétique classique soumis à des tests rigoureux avant sa mise sur le marché mondial. Chimiquement parlant, c’est un cocktail complexe. Les encres se composent d’un véhicule liquide, souvent de l’alcool ou de l’eau distillée, et de pigments. Ce sont ces pigments qui posent question aux chimistes.




