Longtemps, la prise en charge a reposé sur une séquence bien connue: le patient constate un problème, prend rendez-vous, réalise des examens au cabinet, puis revient pour en discuter. Avec les outils numériques, ce schéma commence toutefois à se déplacer vers une logique de suivi permanent, «always-on», résume le Pr Alexander Zink.
Les technologies se portent désormais au poignet, s’intègrent aux vêtements et gagnent peu à peu l’environnement domestique. Alexander Zink cite ainsi des bagues connectées comme l’Oura Ring, déjà utilisées dans d’autres champs de la médecine, ainsi que des capteurs capables de suivre le grattage nocturne chez les patients atteints de dermatite atopique. «Ces produits grand public arrivent en dermatologie et ils vont ajouter des informations à notre pratique clinique quotidienne», souligne-t-il.
Certains de ces dispositifs vont déjà au-delà de la simple mesure. C’est le cas, par exemple, d’un wearable destiné au suivi du prurit: il permet non seulement de détecter les épisodes de grattage pendant la nuit, mais aussi d’envoyer un léger signal de rétroaction pour les freiner. Résultat: une diminution du nombre d’épisodes, mais aussi du temps total passé à se gratter. Autrement dit, l’objet connecté ne se contente plus d’observer, il commence aussi à influer sur le symptôme.
La prochaine étape, selon le dermatologue munichois, se joue dans la maison. Balance connectée, miroir intelligent, photographie corporelle répétée: à terme, ces outils pourraient suivre au quotidien les grains de beauté, le psoriasis ou la rosacée, puis relier ces données à des systèmes d’analyse de plus en plus puissants. Pour le dermatologue, l’enjeu sera alors d’intégrer cette masse d’informations continues dans l’évaluation clinique sans perdre le fil médical.




